Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 18:53


drapeau noir« Faire semblant » semble être devenu la norme d’une époque où tout est foutu pour qui n’arbore pas des sourires faux culs afin de soigner et de maintenir ses « bonnes relations » (quelle que soit leur nature).

 

A chaque évènement important son tragique schéma, ses simulations que l’on ne se donne même plus la peine de cacher.

Une époque où l’on est faux par nécessité, mais où l’on ne s’en cache plus.

Nous sommes profondément gênés par ce déluge de superficialité et de démesure.

Il y a effectivement cette impression qu’il y a un cadavre posé là, et puis un autre ici… et tout le monde qui feint de l’ignorer.

 

Le culte de la normalité respectable semble lentement conduire à l’hystérie. Cette société dévoile petit à petit son vrai visage : celui d’un gigantesque asile psychiatrique. Et aucun sociologue, économiste, psychologue n’est en mesure de la comprendre.

On se réfugie derrière tout ce qui peut empêcher d’en expliquer le « pourquoi ? ».
Des théories obscures que personne ne comprend jusqu’ aux anti-dépresseurs…

Comment expliquer que posséder un emploi soit à la fois vécu comme un honneur, une gigantesque satisfaction, en même temps qu’ une preuve honteuse de sa servitude contre laquelle on rumine toute sa vie ?

Que chaque employé voue une haine sans bornes à son enfoiré de patron mais n’hésite pas à faire des tonnes d’heures supplémentaires tout en se vantant de ne « rien foutre » ?

Aimer en détestant et détester en aimant… de l’hystérie vous dis-je… mélangé à du « faire semblant »…affiche-anti-election-modifier-3.jpg

 

Quant à ceux qui ont encore le réflexe de voter, ils ne le font plus parce’qu’ils placent de l’espoir en un candidat quelconque, mais pour faire barrage à celui qui leur semble le pire. Ils ne votent plus "pour", ils votent "contre". Ils votent même, peut-être, contre le vote et son simulacre de démocratie.


Et que penser d’un flic, d’un maton ou d’un CRS sur un lit d’hôpital qui se plaint d’avoir été la cible de violences ?

D’un pauvre patron – choqué d’avoir été séquestré - alors qu’il licencie en masse afin d’accroître ses bénéfices ?

Tout le monde s’en montrera indigné alors qu’aucune pièce de théâtre ne peut vous offrir de situations plus comiques.
C’est l’éducation au sein de ce pays de merde : la soumission. Il y a des postures à adopter à chaque circonstances. C’est le J.T. qui dicte lesquelles, dans sa manière on ne peut plus subjective d’aborder un sujet (rare sont ceux, maintenant, qui en doutent).

 

La prison psychiatrique aliénante que l’on nomme donc société s’épuise à faire vivre les morts qui la composent et à tuer les vivants qui luttent pour rester en marge.

Le moindre petit écart n’étant généralement plus pardonné.

Toute révolte autre que celle prônée par un « rappeur » analphabète ou un « rockeur » bourgeois - qui montre sa sale gueule aux côtés de gosses exotiques et affamés - peut déclencher l’état d’urgence.

Sortez de l’insurrection pétitionnaire ou de la cyber-manif et vous êtes automatiquement criminalisée, vous n’êtes plus un citoyen bobo ordinaire comme il est convenable de l’être, mais vous vous rapprochez dangereusement, déjà, d’un terroriste.

Et si en plus vous n’êtes pas rattaché à un gentil syndicat collabo (désolé pour le pléonasme), vous êtes sans doute un poseur de bombes sanguinaire en même temps qu’un mangeur d’enfants.

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Lorsqu’un local (plusieurs d’ailleurs) d’un célèbre syndicat est saccagé cet été et recouvert d’un tag « CGT Expulseurs », il n’y a que ses dirigeants et ses militants attardés pour s’en étonner ou s’en indigner. Là aussi, les jérémiades de certains font clairement sourire…

Et franchement, cela se produirait chaque jour, autant de fois que ces collabos trahissent la classe ouvrière (au sens large), ce serait aussi triste à apprendre qu’un local du FN plastifié !

 


2009 était une année pleine d’espoir… au moins au début. Où en sommes-nous ?

Que faire face à une société capitaliste qui récupère tout, des révoltes à l’écologisme, des révoltés à l’alter mondialisme, jusqu’à certains courants anarchistes…

 

Qu’opposer face à des hommes sans scrupules qui créent et répandent la misère intellectuelle, psychologique et matérielle ? Ils créent la violence et s’enrichissent sur la misère humaine mais n’hésitent pas à décréter un quasi état d’urgence face à des adolescents qui osent encore caillasser ou cramer des voitures de flics et qui taguent sur les murs de leurs quartiers des slogans exprimant clairement leur dégoût. 

 

Qui s’oppose fermement et sans trembler à la violence des puissants ?

Certaines organisations anarchistes (ou « communistes libertaires »), de par leurs prises de positions parfois molles voir carrément étrange, suscitent clairement l’interrogation.

Aspirent-ils réellement à « organiser » le mouvement anarchiste, ou cherchent-ils plutôt à l’instrumentaliser ?

 

 

 

En marge des traîtres, et des concessions puantes, il est urgent de mettre à nos tortionnaires le nez dans leur merde ! Que crève leur meilleur des mondes !

Anarchistes ! Posez-vous la question et - au besoin ou en cas de doute - désertez les organisations permanentes !

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Par ChoueTTe - Publié dans : Notre joli monde - Communauté : DES ZAZ DANS LE QUARTIER
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 19:08

Si nous considérons que cette initiative est intéressante, nous ne voulons pas participer à la récupération politique, syndicale ou autre, qui s'en suivra en cas de succès. Voilà pourquoi nous ne rejoindrons pas la liste des blogs signataires. En revanche il semble judicieux de relayer l'appel et d'y participer massivement. Mais pas aux côtés de n'importe qui...

Aux opportunistes qui ne manqueront pas de récupérer ce mouvement : Nous ne défilerons pas à vos côtés, et d'avance, nous vous prions d'aller vous faire foutre.





                    - Appel au peuple -

No-Sarkozy.jpgInconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l’égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l’argent…

Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l’écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.



Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :


Liberté – Egalité – Fraternité – Laïcité – Démocratie

Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l’envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.


Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !


Des rassemblements seront organisées partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la Bastille, et dans le monde entier devant les ambassades de France.A l’issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible.



 Pour en savoir davantage :
http://www.no-sarkozy-day.fr/


Par ChoueTTe - Communauté : DES ZAZ DANS LE QUARTIER
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 14:45
Cet article est également paru dans Le P'tit Noir N°17.
Toute reproduction et diffusion de ces textes est, comme d'habitude, chaudement conseillé.  


religionsAujourd’hui, l’humanité est mûre pour qu’une grande révélation lui soit faite : le diable existe. Il existe, et ailleurs que dans les livres.

 

Où est-il ? se demande là foule où s’entremêlent les curieux et les apeurés !

Nous ne pouvons répondre avec précision : il est partout, et nulle part.

Il est là, il rôde, rampant, tapis dans l’ombre, et il reste dangereux.

 

Nous l’avons vu jurer sur la bible, lapider et brûler des femmes, ou encore se taper des gosses.

Ceux qui prétendent vous en protéger sont bien souvent ses plus fidèles laquais et s’évertuent à perpétrer son « œuvre »…

Il est derrière toutes les « purifications » ethnico-religieuses, ou politiques, ainsi que derrière bon nombre de dictatures : les religions sont un terreau idéal pour le fascisme, l’Histoire le prouve…

 

 

 

Aujourd'hui, le fond de l'air est brun !

 

Le débat puant sur l'identité national, l'expulsion récente d'un imam dit radical (vu les sources, c’est à prendre avec des pincettes, mais l’effet médiatique est là en tout cas), les chrétiens assassinés en Egypte, la burqa etc. semblent fournir l'effet escompté : stigmatiser et pointer du doigt les communautés arabes.

 

Il est important de ne pas se tromper de cible. Pour cela il faut être d'une grande clarté et balayer toute ambiguïté :

 

Il n'y a pas à regretter la neutralisation, par exemple d'un imam, si celui-ci prêchait réellement la haine des juifs et des occidentaux, comme cela est dit.

Les colporteurs aux discours nauséeux – qu’ils soient teintés de religion, de nationalisme ou autre - manipulant les masses, nous ne les pleurerons pas quel que soit leur sort. 

 

On aimerait néanmoins une plus large médiatisation lorsque des afghans sont matraqués et déportés vers leur pays en guerre, promis à une mort quasi-certaine.

Ou encore les humiliations et les conditions de vie indignes qui sévissent dans les centre de rétention administratifs.

Mais ce sont ces centres même, parce qu’ils nous font la honte d’exister, qu’ils faut combattre et crever !

Le gouvernement expulse de pauvres réfugiés pour des histoires de papiers, pas pour des histoires de criminalité ou de propagande nauséabonde.

Mais là n'est même pas le problème car c'est, encore une fois, l’idée même d’expulsion qu’il faut combattre !

 

Mais passons...
Le choix des mots et des sujets n'étant jamais un hasard dans la sphère médiatique, ces événements récents peuvent donc  alimenter les discussions fausses et vides sur l'actuel débat sur l'identité national, qui est une manière comme une autre d’occuper les oisifs qui ont du temps à perdre.

 

Il n’est certainement pas question de faire preuve de condescendance à l’égard de quelques illuminés (l’illumination détruit la raison) qui voudraient voir toutes les femmes voilées de force, la charia appliquée et les "infidèles" égorgés.

Ce cliché stigmatisant musulmans et « forcément » ( !) arabes, repris par l'ensemble des formations d'extrême droite, de droite, et même de gauche doit être combattu sévèrement. Evidemment parce qu'il est faux, ensuite parce qu'il n'est qu'un prétexte au développement d'idées et de thèses racistes.

 

Le but n'est pas non plus de dénoncer les croyants, nombreux, qui ont choisi cette voie et qui n'importunent personne avec leurs convictions (diffusant même bien souvent par leurs discours et leurs actes, la paix).

De nombreux hommes de foi suscitent d'ailleurs beaucoup d'admiration et à juste titre : Gandhi ou Martin Luther King, par exemple. Et bien d’autres… même s’ils sont trop peu pour contrebalancer tout le mal qui est fait au nom de Dieu.

 

Il est en revanche question de dénoncer les religions - et pas seulement l'Islam - pour le sang qu'elles font couler, le sexisme, le business qu’elles génère…

C’est aussi un formidable moyen d’acheter la paix sociale et de contrôler les populations.

 

Les quelques provocations de fascistes religieux ne doivent en aucun cas engendrer cette extension malsaine de la stigmatisation de tous les immigrés issus de pays musulmans (pas seulement, mais c’est en grande partie l’Islam qui est au centre des polémiques dans leurs « débats »).

 

Nous dénonçons et condamnons toutes les dérives faites au nom de la religion.
Nous dénonçons l'emballement et la manipulation politico-médiatique qui s'y joint afin de faire croire à la Plèbe que (pour faire simple) :

Immigration = Islam = Guerre civile et menace pour la survie de l'Occident donc, Expulsion = Solution.

Un doux mélange de tout qui ne fait que rendre plus acceptable le rien des discours et agissements racistes en cours, qui semblent devenir populaire à coup de matraquages et d'exemples bidons.

 

 

 

C'est pour un monde sans cultes, sans drapeaux, sans nations, sans maîtres et sans icônes que nous devons oeuvrer !

 

C'est le fascisme et l'impérialisme religieux qu'il faut combattre et détruire !

 

Par ChoueTTe - Publié dans : Manipulation - Communauté : DES ZAZ DANS LE QUARTIER
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 09:50


Article paru dans Le P'tit Noir N°15.


- Une réflexion efficace mais dépourvue d’action ? Impossible dans un système violent qui privilégie le rapport de force !

 
A l’évidence, la réflexion personnelle est indispensable pour résister à l’aliénation. La diffusion de certaines idées – ou au moins pistes de réflexions – afin d’encourager les consciences à s’éveiller, est une manière de propager le désir de liberté (que l’on oublie à force d’être en cage), de poser les interrogations nécessaires à des individus qui sont dans leur grande majorité, tout de même, dotés de capacités d’analyses.

 

Réfléchire, théoriser, est indéniablement essentiel pour former un mouvement véritablement capable de renverser la vapeur.

C’est une base indispensable, mais ce n’est pas suffisant.

Ecrire des textes, composer des chansons, s’investir dans une création artistique quelle qu’elle soit, ou s’exprimer d’une manière ou d’une autre, ne suffira pas ni à faire trembler l’ordre établi, ni à frapper l’esprit de la majeure partie de la Plèbe qui végète devant les drogues qu’elle est accoutumée à consommer.

Il est nécessaire de mettre les serfs modernes que nous sommes devant les faits de l’horreur quotidienne.

Une horreur quotidienne rythmée par la pauvreté et l’exploitation, ainsi que la répression pour ceux qui auront choisi de répondre aux coups.

Mais ce serait nous les déments, et nos déviances auraient été décelés à la maternelle déjà.

Puisqu’ils le pensent et qu’ils nous veulent du bien, nous nous résignons à n’être que des hordes de malades entourés et dirigés par les sains d’esprits qui nous protègent.

Espérons qu’ils ne nous colleront pas une étoile distinctive, surtout dès l’ aube de notre existence…

 

Pour le reste du monde, l’existence est globalement plus atroce encore, à l’image d’un tiers-monde affamé et oppressé qui subit les dictatures et les arnaques du business des pays riches, les guerres et les génocides orchestrés par de sinistres financiers, chefs religieux, colons, nationalistes qui permettent de maintenir élevés les toujours très prolifiques ventes d’armes…  les pillages de ses richesses et les partouses géantes organisées entre les dictateurs et nos dirigeants.

Des peuples dont les seules préoccupations sont de trouver de quoi se nourrir, des moyens de se prémunir des fléaux qui les entourent, et qui se font réprimer férocement au moindre mot de « travers » ne peuvent que difficilement s’affranchir seuls des jougs de leur oppression.

Ce sont les pays riches qui entretiennent ces régimes, c’est à nous de les contraindre à cesser.

Capitalisme oblige, nous ne pourrons réformer notre système, et encore moins le moraliser. Nous ne connaissons que trop ses valeurs de profit, de spéculation, de séparation, de règne de la marchandise, et tout cela au détriment de tout ce qui vit sur cette planète.

Le capitalisme (et ses dérivés) ne peut disparaître que si nous l’abattons.

Cela ne peut se faire seulement avec de belles idées et de beaux discours…

 

Réapprenons à désobéir et à tenir tête !

 

C’est à nous de frapper les esprits par le biais d’actions diverses  - devant être déterminés selon le lieu et le contexte - qui doivent ne laisser aucun échappatoire à ceux qui ignorent ou qui veulent ignorer la froide et cruelle réalité de notre société contemporaine (et peut-être ainsi, populariser nos luttes).

Foutre aux gens le nez dans leur merde qui, s’ils n’en sont pas forcément directement responsables, l’entretiennent et l’amassent de par leur passivité…

 

Quant à l’unité nécessaire, par ces temps où le vieil adage « Diviser pour mieux régner » n’a jamais été aussi bien compris et appliqué que par Naboléon 1er, elle ne doit pas être une unité de façade, comme celle  affichée par les grandes (et traîtresses) centrales syndicales.

A l’opposé de ces ennemis des classes laborieuses, il doit il y avoir une véritable union, un front commun qui ne fera pas place au compromis et aux petits arrangements avec ce que les syndicats font sans cesse apparaître, en façade seulement, comme un ennemi.

Les apparences, c’est tout ce qu’il reste du syndicalisme. Et les apparences nous mentent sans cesse…

Ce n’est qu’en cessant de nous accoutumer de trahisons, et donc de déceptions, qu’il peut-être permis d’espérer voir émerger un jour la grande grève générale autogestionnaire et expropriatrice des ennemis du peuple.


-
 
 Faire preuve de patience, de méthode… mais ne pas omettre que l’urgence est là !

Les petites cases des petits cerveaux inondant les milieux militants ne nous rapprochent guère de la possibilité d’un monde libertaire.

Les modes de compréhension obsolètes, les petits chefs et autres moutons de panurge y abondent, contrairement à l’image que l’on pourrait en avoir.

Il existe une rébellion docile, pouvant même se donner des allures faussement subversives à l’occasion, mais qui ne vaut pas mieux que la soumission !

Chacun évolue au sein de son petit groupe sectaire et tente de s’y définir alors qu’ en vérité, chacun s’y prostitue, cachés derrière des dogmes, des codes, une attitude, une idéologie, un gourou…

 


« Veux tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau et oublie toi en lui. »

 


On apprécie ou non Nietzsche, mais il a indéniablement, parfois, frappé très juste et très fort.

Nous observons ce "spectacle" avec tristesse.

 

Cela dit, tout n’est pas si sombre, nous sommes dans une période importante où l’aliénation fait autant de ravages que les consciences tendent à s’élever.

S’élèvent elles réellement ? Il semblerait !

Les années à venir seront celles de l’enterrement définitif ou de la résurrection spontanée d’une humanité qui décidera d’en finir avec ses bourreaux.

 

Nous devons répondre à bon nombre d’urgences :

Qu’ils s’agissent des ouvriers sous-payés ou licenciés à la pelle ; des sans-papiers dont le lot est de subir la misère, l’esclavagisme, la répression, l’enfermement (comme beaucoup de réfractaires à l’ordre actuel qui connaissent les joies de la « petite mort » au sein de l’enfer carcéral), l’humiliation et l’expulsion ; des bavures policières ou des jeunes shootés à coups de flash-balls dans les banlieues ; des animaux de laboratoire qui subissent tortures et atrocités diverses - et gratuites parfois - pour notre confort de grand singe intelligent ; des SDF qui survivent face à la rigidité d’un système totalement déshumanisé et qui trépassent pendant que des locaux sont inoccupés ou que des restaurants – onéreux ou non – jettent des tonnes de vivres au quotidien…

L’horreur de l’exploitation, de la précarité, de l’abrutissement des masses, ou encore du désastre écologique en cours (l’équilibre à respecter avait été compris par bien des peuples que nous avons exterminés au nom de notre « progrès »), sont des problèmes que les anarchistes pointent du doigt depuis bien longtemps et qui ne font que s’aggraver, quoiqu’en disent nos tortionnaires.

Nous devons résoudre le problème complexe de trouver le temps dont nous ne disposons pas vraiment.

Nous ne pouvons plus nous permettre d’en perdre, ni par l’apathie, ni par des actions isolées et destructrices, même si elles sont légitimes.

Le recours à la violence sera – de toute façon – incompris, diabolisé dans les médias, qualifié de « terroriste » dans la sphère politico-médiatique etc.

Utilisons donc la durée disponible à bon escient dès maintenant afin d’éveiller les consciences et de découdre les paupières des endormis.

D’autant plus que les évènements récents – crise financière en tête – ne font que démontrer encore davantage ce qu’est véritablement le capitalisme : un monstre jamais rassasié.

Nous ne sommes que des pions insignifiants, notre force ne réside que dans notre détermination, notre unité, l’efficacité de nos méthodes et notre nombre.

 

Le capitalisme récupère tout, de l’écologisme jusqu’aux mouvements de rébellion. A nous de démontrer notre honnêteté, de convaincre du bien-fondé de notre projet de société, de le faire connaître, de dénoncer les sévices que perpétue le système actuel, quitte à choquer s’il le faut, et cela semblera nécessaire pour secouer un peu ce troupeau amorphe !

 

Il nous reste au maximum quelques (petites) décennies pour changer radicalement les choses et espérer pouvoir bâtir un monde vivable sur les ruines d’un système en putréfaction avant que sa persistante logique de profit – et donc logique de mort – ne finisse par anéantir définitivement tout notre écosystème et tout ce qui peut encore nous émerveiller et nous faire rêver en ce monde.

Face aux drames qui se jouent quotidiennement sous nos yeux, le plus tôt sera le mieux…


Culture et éducation comme moyens, émancipation pour but !


Par ChoueTTe - Publié dans : Notre joli monde - Communauté : DES ZAZ DANS LE QUARTIER
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 13:36


Entretien avec Emiliano/Skalpel, de La K-Bine (rap conscient). Lucide et déterminé...
Interview parue dans Le P'tit Noir N°15.

1) Salut à toi ! Tu formes avec Guez un duo connu sous le nom de La K-Bine, crew phare du rap conscient. Une présentation rapide de toi-même et du groupe pour ceux qui ne connaissent pas ?


J’ai fondé La K-bine avec Saïd (Guez) en 1997 et depuis on travail avec d’autres personnes comme Akye, E.one, Pizko mc… On a sorti une bonne quinzaine de disques de façon indépendante et on appartient à ce que l’on peut définir comme étant une scène rap alternative et militante que nous espérons voir grandir et se développer.

 


2) Tu as été très productif niveau rap. Par l'intermédiaire de La K-Bine qui a encore récemment sorti un album, les différentes compils, tes skeuds en solo… et le 1er décembre sortira « Luttez ! Résistez ! Organisez vous ! » ton street album.
Un titre qui sent la hargne… ainsi que l’impatience face à l’apathie générale ?

 

En fait le street album est un disque qui fait la transition entre mon 3ème album « Kommando Malik » et mon 4ème album « Chroniques de la guerre civile » qui sera je pense bouclé pour octobre 2010. C’est un disque composés de morceaux posés sur divers projets et d’une bonne dizaine d’inédits. Je pense que certains le prendront comme un album « normal » mais pour moi ça n’en est pas un car je ne l’ai pas réalisé dans les mêmes conditions d’écritures que mes divers solos.
La majorité des prods sont de Pizko et l’ambiance alterne entre samples de soul bien crades et beats sombres. Le disque sent effectivement la hargne et la colère mais je dirais que c’est une composante de notre identité musicale.

A ce niveau là il n’y a pas de réel surprise.
Il y a quelques titres introspectifs et assez perso’, mais dans l’ambiance c’est comme d’hab, c’est une incitation générale à la révolte et à la résistance.



3) Tes lyrics sont exemplaires. Tu n’as de cesse de cultiver l’auditeur, tout en dénonçant la société et nos tortionnaires avec férocité et justesse, en te livrant de temps à autres sur ce que tu ressens…
Tes textes aux antipodes de ce que l’on a l’habitude d’entendre dans la scène rap – formaté et corrompu dans son énorme majorité – ne sont pas trop difficiles à assumer ?

 

Exemplaires je ne sais pas, sincères et assumés, oui !
Après y’a pas de quoi dramatiser et fantasmer, je n’ai jamais eu de problèmes graves du fait de mes textes. A part une embrouille ou une remarque déplacé par-ci ou par là, rien.

Par contre on s’est préparé à toutes les éventualités possibles.



4) Avec La K-Bine, E-one, Pizko Mc, le Collectif Mary Read, K-Listo, ou encore dans des styles un peu différent Casey ou Rocé, le rap contestataire et censé semble reprendre des couleurs, bien loin des clichés beaufs, sexistes, moralistes et même totalitaires qui ont pourri le mouvement. As-tu le sentiment que le rap conscient renaît ? La relative effervescence actuelle te rend-t-elle optimiste ?

 

Le rap conscient ne renaît pas, en fait il n’est jamais décédé. Pour moi « conscient » c’est un adjectif que l’on a été obligé de mettre à la suite d’un terme qui par essence était synonyme de « révolte » et « d’engagement », j’en ai rien à foutre des hip hopers qui veulent être ami avec tout le monde sous prétexte qu’il faut faire la fête et s’amuser.

Le rap est « politique » comme toutes les formes d’expressions artistiques qui s’opposent à un modèle dominant, c'est-à-dire un système qui exploite une majorité de personnes. Dans le monde où nous vivons, chaque aspect de l’existence à une connotation politique.
Sur le sexisme, même si nous avons fait du chemin et essayé de réfléchir à certaines questions, il reste encore énormément de boulot et il y a un moment où il va bien falloir faire face à nos responsabilités et ne pas se cacher derrière une soit disant politesse qui veut que l’on ne questionne pas certaines choses sous prétexte que nous ne voulons pas faire de l’ombre aux militantes féministes légitimes.

Comme pour l’Homo phobie, la réalité c’est que souvent nous estimons que ce n’est pas une priorité de la dénoncer et on détourne la question…notre scène même si elle est militante reproduit un certain nombre de schémas et de clichés.

La seule chose que je peux dire pour ma part c’est que j’essaye d’avancer sur ces questions là, c’est tout. Et oui je suis un infatigable optimiste, peut-être naïf pour certains, mais faire tout ce que l’on fait sans être optimiste n’a pas beaucoup de sens.

 


5) Tu t’investis énormément dans - et en dehors - du rap. Tu ne manques jamais de dédicacer et de soutenir les prisonniers politiques (Action Directe, George Ibrahim Abdallah, Mumia Abu-Jamal… et tous les autres) la lutte du pays basque, de la Palestine, des sans-papiers, des précaires en général...
Tu es proche et tu collabores volontiers avec la CNT, la Fédération Anarchiste, NLPF (Ne Laissons Pas Faire) et d’autres organisations.
Tu as même le temps de publier des textes sur ton blog !
Ne souffres-tu pas d’hyperactivité ? Comment fais-tu pour continuer à être présent sur autant de terrains de lutte, avec une motivation et une rage toujours intacte au fil des années ?


Ce qui motiv’ ce sont les rencontres, les échanges et l’écho que peuvent avoir nos œuvres sur les gens qui luttent et résistent à quelque niveau que ce soit. Nous brisons au quotidien le sentiment d’isolement que peuvent ressentir beaucoup de gens et ça, ça donne de la force.

Je suis hyperactif, mais je suis bien organisé.

Du coup je n’ai pas l’impression de subir mes activités, à part au taf’ ou j’essaye de voir comment je peux mettre en accord mes idées avec la réalité d’une institution qui conditionne beaucoup de choses. Tout ce que je fais, c’est avec envie et détermination. Tant que le monde ne changera pas, je pense pouvoir affirmer que ma rage restera la même.


6) Puisque tu revendiques clairement et fièrement tes idéaux libertaires, que penses-tu du mouvement anarchiste aujourd’hui ? Ne trouves-tu pas qu’il y a une fâcheuse tendance à chercher inlassablement ce qui nous divise plutôt que ce qui nous unit ?
Tu fais clairement l’apologie de la violence (légitime) dans tes textes. Les résistances pacifistes te semblent-elles trop limitées pour changer la donne à elles-seules ?

 

J’assume mes idées libertaires, ainsi que le chemin qu’a parcouru ma réflexion pour pouvoir en arriver au stade de l’affirmation et de la revendication d’un idéal. Mon anarchisme ne serait pas le même, sans un certain héritage marxiste et communiste.
Il y a division dans le mouvement anarchiste, seulement si l’on se fit aux querelles entre auteurs de bouquins.
Moi sur le terrain je vois que plusieurs sensibilités issues de la pensée anarchiste se retrouvent et luttent ensembles. Je revendique l’idée qu’il y a de l’anarchisme non conscientisé dans les quartiers populaires, car il y a des tonnes d’exemples issues de la pratique qui peuvent en témoigner.

La théorie je l’ai rôdé. Ce qui m’intéresse actuellement c’est la pratique, et qui dit pratique dit confrontation, débats, échanges et risques dus à l’expérimentation.

Je fais l’apologie de la violence car je refuse que l’Etat revendique comme légitime l’utilisation de sa violence.
Pour moi la seule violence légitime c’est celle des exploités qui l’utilisent pour mettre fin à leurs conditions d’opprimés. La violence est un outil parmi tant d’autres, comme peut l’être une action armée, un rassemblement, une manifestation, une émeute, la création d’une maison d’édition clandestine pour diffuser de la propagande etc.



7) Que t’inspires la criminalisation de la contestation et du militantisme ? Et le débat puant sur l’identité nationale ?
Le capitalisme bat de l’aile et le pouvoir agite – plus que d’habitude encore - la peur des poseurs de bombes sanguinaires et la « fierté d’être français ».
Quant à la grippe A, n’en parlons pas… toute cette propagande avalée avec passivité par la masse, c’est flippant…

 

Ce n’est pas une surprise… il n’y a pas à attendre d’une démocratie bourgeoise qu’elle criminalise moins « le militantisme » qu’une dictature, il n’y a que l’intensité de la répression qui évolue.

Si tu regardes par exemple aujourd’hui, en Espagne, il y a autant de prisonniers politiques basques que sous Franco.

L’identité nationale il n’y a pas à en débattre avec tous ces cons, ça n’existe pas. C’est juste un coup de pub à la con pour flatter l’électorat de droite ou l’art de remplacer un terme par un autre, pour faire passer des idées racistes et réactionnaires.

Je ne pense pas que le capitalisme batte de l’aile, c’est le libéralisme qui est ébranlé et c’est une forme du capitalisme, celui-ci s’adapte et se réorganise, il gère une crise avec un tour de vice répressif. Les militants doivent combattre le capitalisme sous toutes ses formes qu’il soit social démocrate ou conservateur ou que sais-je…
La grippe A c’est un outil qui sert à détourner l’attention de l’opinion publique des vrais problèmes. L’agitation de la banderole anarcho-autonome poseurs de bombes aussi.

Que dire… oui il y a dans ce pays des anarchistes qui luttent et c’est tant mieux, il y a des gens qui s’organisent de différente façon et ça bouge dans les quartiers.

Il y a oppression mais il y a aussi Résistance.

 


8) Comme il est d’usage sur ce site, je te laisse le mot de la fin !

 

Luttez ! Résistez ! Organisez-vous !





- Le site de "Rap Conscient" : http://www.rap-conscient.com/

- Le blog de Skalpel : http://skalpel.canalblog.com/

- "Culture populaire" extrait de "Luttez ! Résistez ! Organisez-vous !" le nouveau street album de Skalpel en écoute sur : http://www.bboykonsian.com/Skalpel-Culture-populaire_a1340.html

- D'autres titres dispo sur son myspace : http://www.myspace.com/skalpeleltupa


- Diaporama amateur sur l'excellent morceau  "Apologie de la violence légitime" :



Par ChoueTTe - Publié dans : La parole à ceux qui ne l'ont jamais ! - Communauté : DES ZAZ DANS LE QUARTIER
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